Celui de la lumière, en premier. Celle qui éblouit et nous noie d’illusions.
Puis vient le reflet du temps qui nous enchaîne, implacable, et nous force à réfléchir, sur nous, notre
condition.
C’est alors que surgit la douleur, sourde, profonde, transformant le monde en désespoir et notre regard en
grisaille.
Le dernier reflet ne devrait jamais s’échapper du miroir car c’est celui que l’on a enterré. Il est l’incarnation
de ce que la nuit nous cache. Il est le chaos.
Quatre reflets, une vertigineuse chute au cœur de nos maux."
Outre les 4 images décrites ci-dessus représentant les quatre chapitres de ce recueil de près de 100 pages
(Luminis, Temporis, Doloris, Laceris), un jeu de miroirs existe également pour chacun des poèmes, qui dessine une nouvelle perspective, un certain recul face au thème abordé par le poème.Ces textes révèlent peu à peu ce qui dort en nous et sculpte la réalité en une image mêlant l'apparence, le psyché et ses
tourments.
Version papier ou téléchargeable, avec quelques extraits disponibles ici.
Rendre aux mots leur liberté originelle. Fendre l’ovale chrysalide veinée des lumières finissantes pour restituer au présent
le pouvoir d’occulter passé et futur.
La vibration des mots échappés peut alors s’allonger sur l’épiderme iridescent afin d’y cristalliser l’image du temps, celui
si glissant des rêveries martyres, celui à qui pourtant rien ne résiste.
Il est difficile de dénouer les lacets d’un destin milles fois soufflé, alors il faut accepter la promenade au
cœur du silence, y percevoir l’essence de son vertige chuchoté et par la poussière d’argent qui s’y dépose, mouler des lettres aussi légères que farouche.
Tout comme l'indique sa présentation, "Sur le feel" est un blog de mots, de couleurs et d'émotions (auquel je participe sporadiquement). Je
ne ferais que présenter ici la philosophie de ce blog, écrite par sa principale créatrice, votre hôte Lunescence (alias Virginia Maen):
Bonjour, et bienvenue sur mon blog. Dans un monde où règne un matérialisme sans borne, où la technologie a pris le pas
sur les relations humaines, où l’argent remplace le bonheur. Je voulais créer un espace d’expression, un espace qui fasse place avant tout à l’émotion. Car qu’est-ce que la vie, sinon une
multitude d’expériences et de ressentis? N’est-ce pas cela vivre? Sentir ce cœur qui se débat en nous pour nous rappeler son existence et sa fragilité? Ce blog se veut sans prétention. Si je
réussis à vous esquisser un sourire, une larme ou un frisson, alors je serai comblée. Et cette émotion, c’est à travers l’art que je souhaite la partager avec vous. L’art des mots comme celui des
images : parfois un texte, un poème, une photo, un tableau ou même une musique qui auront accroché mon attention. Alors, encore une fois, bienvenue chez vous. De l’autre côté du miroir.
Celui où l’on se regarde en face pour ressentir chaque vibration.
N’hésitez pas à partager vos vibrations. Qu’est-ce que ces mots ou images vous ont évoqué? Ne l’oubliez pas, l’art ne
fait que nous renvoyer le reflet de ce que nous sommes. À chacun son interprétation, son expérience.
Un blog pour lequel j'ai eu un grand plaisir à créer la bannière. Je vous conseille donc d'effleurer ses mots à fleur de peau dont la délicatesse, j'en suis certain, ne laissera personne
insensible.
Il s’étrangle de la moiteur au dehors. Non pas celle d’un brouillard laconique abreuvé de ces humeurs estivales, mais plutôt
celle qui est presque bleue lorsque la soirée glaciale écoule l’extrémité de nos membres.
Ces nœuds que mordent nos lèvres impalpables vomissant des mirages en jour coulant.
La pluie.
Le squelette d’une buée qui, même si elle n’est pas morte, n’a pas encore la force d’épanouir la fragilité de ses
jointures.
La pluie.
L’opaque étouffant d’un arbre baignant la grisaille extérieure.
La pluie.
Encore et toujours.
Les filets de mélancolie prisonniers du temps imbibé de boue.
Un vieillard prostré sous le poids des crasseuses rides bétonnées.
L’air lourd renverse l’écoeurant sablier de sa sueur, chaque flèche de pluie traverse un peu plus mon tangible et chaque halo
s’évanouissant me rapproche de mon ombre.
Je ne sais plus où je suis, il me semble traîner mon entaille transit au ras d’un sol poisseux, à serpenter dans les
interstices momifiées d’hémorragie.
J’y ai perdu l’immatériel des fièvres illuminées comme on crache sa blessure, sous les clous aqueux d’une voûte pressée
d’embrasser la plaie.