La solitude a de bon que chaque instant s’étire à l’infini. Les sons peuvent avoir la magie d’envelopper le fœtus de nos réflexions, aussi aisément qu’un soir d’hiver.
La pluie qui crépite sur une vitre, la sourde colère des automobiles au loin ou encore le goutte à goutte d’un robinet mal refermé.
C’est comme si l’au-delà cherchait à nous communiquer l’absolu d’une vérité, imperceptible pour ceux qui la couvre trop souvent de leur rire.
Les fausses secondes de ces gouttes résonnent alors en passage mi-ombre mi-lumière afin de ne pas nous semer, afin de nous offrir la liberté, l’accouchement providentiel de l’informe nouveau-né. Et puis l’on pourrait étreindre cette masse sombre avec tout l’amour et le désespoir de jeunes parents.
Les gouttes qui s’échappent de cette artère inoxydable ne laisseront finalement d’auréoles qu’au fond de l’âme douloureuse du rêveur esseulé. Car lui aussi s’écoule en filet d’ecchymose, sans jamais épancher l’aride fusionnelle de ses racines (lambeaux d’humanité pris au plus profond des soifs collectives).
Oui, il y a des sons anodins à l’ombre meurtrière lorsque l’isolation se fait tentatrice impérieuse.