Il s’étrangle de la moiteur au dehors. Non pas celle d’un brouillard laconique abreuvé de ces humeurs estivales, mais plutôt celle qui est presque bleue lorsque la soirée glaciale écoule l’extrémité de nos membres.
Ces nœuds que mordent nos lèvres impalpables vomissant des mirages en jour coulant.
La pluie.
Le squelette d’une buée qui, même si elle n’est pas morte, n’a pas encore la force d’épanouir la fragilité de ses jointures.
La pluie.
L’opaque étouffant d’un arbre baignant la grisaille extérieure.
La pluie.
Encore et toujours.
Les filets de mélancolie prisonniers du temps imbibé de boue.
Un vieillard prostré sous le poids des crasseuses rides bétonnées.
L’air lourd renverse l’écoeurant sablier de sa sueur, chaque flèche de pluie traverse un peu plus mon tangible et chaque halo s’évanouissant me rapproche de mon ombre.
Je ne sais plus où je suis, il me semble traîner mon entaille transit au ras d’un sol poisseux, à serpenter dans les interstices momifiées d’hémorragie.
J’y ai perdu l’immatériel des fièvres illuminées comme on crache sa blessure, sous les clous aqueux d’une voûte pressée d’embrasser la plaie.